Philosophe et paysan, Aurélien Berlan expose et critique dans cet essai notre conception moderne et libérale de la liberté.  En effet, l’idée dominante actuelle dans les sociétés occidentales est que la liberté consiste à se délivrer des tâches quotidiennes liées à notre subsistance (manger, se loger, se chauffer, prendre soin des plus vulnérables…) que l’on considère comme des fardeaux et que l’on délègue aux machines ainsi qu’aux classes exploitées. L’auteur prend donc à revers cette idée en soutenant que la clé de notre liberté se trouve dans notre autonomie, collective et individuelle, que l’on acquiert en se réappropriant les moyens sociaux et techniques de notre subsistance.

Il en profite pour s’en prendre au mythe marxiste de l’émancipation de la classe ouvrière grâce à l’industrie et au productivisme, ainsi qu’au mythe du Progrès et à la fuite en avant technoscientifique, mythes mis en défaut par un nombre croissant de désastres socio-écologiques.

La conclusion est formelle, il faut reprendre la terre aux machines, aux États et aux entreprises par tous les moyens possibles avant que notre planète ne soit transformée en vaste désert stérile.

Si nous voulons cesser d’aggraver le désastre socio-écologique, ce n’est donc pas la liberté qu’il faut restreindre, comme y invitent tant d’intellectuels et de personnalités qui multiplient les appels à décréter l’état d’urgence écologique. Car donner les pleins pouvoirs aux pyromanes qui nous gouvernent ne les transmuera jamais en pompiers. (…) La sécession qui consiste à cesser de nourrir la mégamachine ne suffit pas: il faut aussi la saboter. Toutefois, le changement social ne se fera pas non plus sans désertion ou diminution de notre dépendance à l’égard du capitalisme, en nous débranchant des macrosystèmes technologiques et marchands qui nous ligotent à lui. Il faut tenir les deux bouts: revenir à des formes d’autonomie matérielle locale tout en participant à la lutte globale contre le système. Car nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre qu’il s’effondre «tout seul».