Dans la lignée de «Lettres aux humains qui robotisent le monde: Merci de changer de métier.» de Célia Izoard, le groupe Oblomoff, composé de chercheu.r.ses et d’universitaires, ne se propose pas de donner des pistes dans le but de «moraliser» la recherche scientifique (comme certain aimerait absurdement «moraliser» le capitalisme) ni de démocratiser la Science, mais bien de la critiquer dans ses fondements mêmes, de dénoncer le mensonge de sa soi-disant neutralité et de lutter activement contre les désastres qu’elle génère.

Les mythes du Progrès, de la «recherche publique» et de la «science pure» sont au menu de ce petit livre réunissant plusieurs brochures, textes et interventions produites par le groupe Oblomoff.

Personne ne sait précisément ce qui va arriver dans les prochaines années. Mais dans toutes les couches de la société se propage l’intuition de plus en plus claire que nous parcourons en accéléré les derniers chapitres de la civilisation industrielle. Dans ces conditions, il n’y a rien à attendre des institutions et des groupes qui persistent à inscrire leur action dans l’optique d’une survie du capitalisme industriel. Le premier devoir de tout mouvement politique est donc de discréditer la posture gestionnaire, celle qui se prétend «raisonnable» alors qu’elle pose les problèmes dans les mêmes termes que l’oligarchie en place, qu’elle partage avec elle le même imaginaire, la même conception de la vie, la même déraison. Il ne s’agit pas de gérer mais bien d’interrompre une machinerie de plus en plus folle. C’est d’ailleurs la principale légitimité des blocages en tout genre: interrompre ne serait-ce que temporairement le fonctionnement normal de ce monde est au fond bien plus pragmatique que les programmes de tous les gestionnaires «crédibles» du capitalisme et des mouvements sociaux.